- D’où viennent les organes ?
- Quels organes pour quels malades ?
- Les règles et le contrôle
- Vivre avec une greffe
Les règles et le contrôle
La position de trois responsable religieux : Père Olivier Dinnechin (Catholiques), Dr Dalil Boubakeur (Musulmans), Grand Rabbin Michel Guggenheim (Juifs)
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Le don d’organes en France, c’est très réglementé, encadré et contrôlé.
Notre système repose sur la loi de bioéthique. Il est supervisé par un organisme public, l’Agence de la biomédecine. Ses missions : qualité, sécurité, anticipation, éthique et transparence.
Si je veux savoir qui a reçu tel ou tel organe, est ce que je peux accéder au dossier ?
Absolument pas. La loi impose le strict anonymat. La famille du donneur ne peut pas savoir qui sont les personnes greffées, ni les contacter. Et réciproquement. Cela pour assurer la tranquillité de tous : pas de perturbation du deuil, pas de risques de pressions. Par contre, la famille du donneur peut demander le résultat des greffes auprès de l’équipe médicale qui a prélevé les organes.
Donner des organes, est-ce gratuit ?
Complètement. La famille n’a rien à payer pour l’opération chirurgicale et la restitution du corps. Elle n’est pas non plus rémunérée en contrepartie du don. Les organes, en France, ça ne se vend pas et ça ne s’achète pas !
On est tous « présumés consentant » au don : ça veut dire quoi ?
Après sa mort, chacun est considéré comme d’accord pour donner ses organes et tissus en vue de greffe, sauf s’il a manifesté son opposition de son vivant en s’inscrivant sur le registre national des refus. et/ou en le disant à ses proches. C’est ce que la loi appelle le consentement présumé.
En pratique, quand l’équipe médicale identifie un défunt qui peut être prélevé, elle doit interroger les proches* pour vérifier que le mort n’était pas opposé au don. Elle doit aussi interroger le registre de refus pour vérifier que le nom du défunt n’y figure pas.
Donc, présumé consentant, ça ne veut pas dire que l’on est obligé de donner ses organes, ou que les médecins sont libres de se servir ! La loi française nous donne la liberté de décider. Il faut dire son opposition au don ou au contraire réaffirmer son accord. Car c’est notre volonté qui prime, pas celle de notre famille.
Ce qui est dommage, c’est que beaucoup d’entre nous ne pensent pas à préciser leur choix à leurs proches, ce qui met leur famille dans une situation difficile en cas de décès brutal.
* Par proche, on entend la famille mais également le compagnon ou toute autre personne très proche du défunt.
Et quand on est mineur ?
Si on veut absolument donner ses organes ou ne pas les donner, la seule chose à faire est d’en convaincre sa famille : jusqu’à 18 ans, ce sont en effet les parents (ou les tuteurs légaux) qui décident.
Et si ma religion me l’interdit ?
Pour les grands représentants des religions, la vie humaine est primordiale, tout ce qui peut la sauver ne rencontre pas d’opposition de principe. Mais après, tout est question de convictions. Vous avez tout à fait le droit de vous opposer au don de vos organes pour des raisons spirituelles ou morales personnelles.
Comment se passe la répartition des organes ?
Les malades ayant besoin d’une greffe sont inscrits par leur médecin sur la liste d’attente gérée par l’Agence de la biomédecine, qui orchestre l’attribution des organes.
Les règles d’attribution, décrétées par le ministre de la Santé, sont conçues pour maximiser les chances de succès de chaque greffe, tout en étant le plus équitable possible dans la distribution des organes. Elles se basent sur de nombreux critères (voir l’animation « les règles de répartition des organes »).
La répartition des organes s’appuie sur un registre informatisé et, pour les cas prioritaires, des collèges d’experts.
8 janvier 2008




