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Je ne veux pas donner mes organes

Donner les organes après la mort, ce n’est pas pour vous. Aucun problème, c’est votre choix et il doit être respecté. Pour cela, deux choses à faire : le dire à ses proches et s’inscrire au registre national des refus.

Donneur ou pas, l’important c’est de le dire

En France, l’Agence de la biomédecine demande à chacun d’entre nous de dire son choix sur le don d’organes à ses proches, en commençant par sa famille. Cela vaut pour ceux qui veulent donner leurs organes et pour ceux qui ne le souhaitent pas. Mais parler du don d’organes comme ça, l’air de rien, ce n’est pas forcément naturel ou facile, c’est clair !

À éviter absolument : la déclaration solennelle devant le rôti de mamie le jour de la Toussaint. Bonjour l’ambiance ! Au contraire, mieux vaut se lancer le jour où il se passe quelque chose dans l’actualité, dans la famille… qui amène naturellement au sujet. Par exemple les problèmes de santé d’un proche, la greffe d’un ami, ou encore une émission de télé, une info sur le web, un cours sur le sujet…

Il faut en parler simplement, sans chercher à philosopher ou à faire un exposé technique. Il ne faut pas non plus en parler dans la perspective de sa propre mort mais plutôt dans celle de la mort en général. Et en parler, ça ne veut pas dire que ça va arriver, halte à la superstition ! Prendre un exemple pour expliquer son choix peut aussi aider à faire passer le message.

Si vous sentez des réticences, acceptez-les. Dans une conversation sur le don d’organes, certains vont en profiter pour dire eux aussi leur position de façon spontanée, d’autres vont être indécis ou mal à l’aise. C’est normal, toutes les attitudes doivent être respectées. Il ne faut pas porter de jugement, ça ne ferait que créer des tensions.

L’important est de laisser la porte ouverte à de futurs échanges, de laisser ceux qui n’étaient pas prêts réfléchir au sujet. Si vous avez fait le premier pas, vous verrez que ça peut être bénéfique quelques jours ou quelques mois plus tard.

S’inscrire au registre national des refus

Le registre national des refus liste toutes les personnes qui ont voulu laisser une trace légale de leur opposition au don de leurs organes. On peut s’y inscrire dès l’âge de 13 ans : il suffit de télécharger et d’imprimer le formulaire proposé dans cette page, puis de l’envoyer à l’adresse indiquée en y joignant une copie de sa carte d’identité. Quand une équipe médicale fait face à un donneur d’organes potentiel, elle consulte systématiquement ce registre et elle arrête immédiatement les démarches de prélèvement si le nom apparaît.

S’inscrire si l’on ne veut pas donner, ce n’est pas obligatoire mais ça assure que sa volonté sera respectée.

> S'inscrire au registre national des refus (Pdf, 36Ko)

« Et si je veux donner certains organes mais pas d’autres ? »

Ce n’est pas un problème. Si vous ne souhaitez pas que certains organes ou certains tissus soient prélevés, il suffit de faire passer le message le jour où vous dites votre choix à votre famille. Elle pourra en témoigner auprès des médecins.

« Et si je suis mineur ? »

La décision de prélever revient aux parents. Mais c’est toujours la même chose : si vous en discutez avec eux et qu’ils sont convaincus de votre choix, il n’y a pas de raison pour qu’ils ne respectent pas votre volonté au cas où…


8 janvier 2008