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En parler, difficile mais essentiel

Il faut être clair : réfléchir et parler du don d’organes, c’est réfléchir et parler de la mort. Or, dans notre société, on s’en rend tous compte, la mort est devenu un sujet tabou, on évite d’en parler et même d’y penser. Chez les jeunes, il y a encore une autre angoisse liée au don d’organes : le fait que l’on va toucher au corps et surtout à son apparence. Pas évident à un âge où le rapport au physique et à la séduction est très important… Par contre, on sait que les 16-25 ans discutent beaucoup plus facilement de ce sujet que les autres personnes (enquête de l’Agence de la biomédecine de 2006). Et ça c’est déjà énorme !

Pour bien saisir combien c’est essentiel de dire son choix pour ses organes, il suffit de savoir comment cela se passe concrètement à l’hôpital. Une personne meurt dans des conditions qui permettent le prélèvement. Dans ce cas, les médecins ont le devoir d’interroger la famille (ou toute autre personne très proche) pour connaître la position du mort sur le don de ses organes. Ils s’assurent aussi que le mort n’est pas inscrit sur le registre national des refus. C’est un moment difficile et délicat : la famille vient d’apprendre le décès, qui a souvent eu lieu de façon brusque, elle est bouleversée et pourtant elle doit répondre rapidement aux médecins, car le prélèvement des organes n’est possible que durant quelques heures.

Si la famille connaît clairement la position du mort, l’échange est bref et serein, le prélèvement est rapidement enclenché ou stoppé. Par contre, si le sujet n’a jamais été abordé, la question de l’équipe médicale, dans un contexte d’urgence, est beaucoup plus pénible. Elle ajoute au désarroi et à la douleur, la famille hésite… et, dans le doute, elle s’oppose souvent au prélèvement.

« Se décider sur le don de ses organes et le dire, c’est deux incertitudes en moins : ceux que j’aime pourront répondre sereinement aux médecins au cas où… et je suis sûr que ma volonté sera respectée. »


8 janvier 2008