- D’où viennent les organes ?
- Quels organes pour quels malades ?
- Les règles et le contrôle
- Vivre avec une greffe
D’où viennent les organes ?
En 2008, 95 % des organes greffés - les greffons - ont été prélevés sur des personnes décédées. Une vie sauvée grâce à la greffe signifie donc souvent qu’une autre vie s’est éteinte. Ce n’est pas très gai mais c’est la réalité. Mais attention, ce n’est pas parce qu’on veut être donneur qu’on sera forcément prélevé après sa mort. Le prélèvement d’organes post mortem en vue de greffe répond en effet à des conditions bien particulières.
A 95 %, de personnes décédées en service de réanimation
L’essentiel des organes provient de personnes tout juste décédées en mort cérébrale à l’hôpital, en service de réanimation. La mort cérébrale, que l’on appelle aussi mort encéphalique, signifie que le cerveau est complètement détruit, suite à un traumatisme crânien ou un accident vasculaire cérébral par exemple. Il s’agit généralement d’une mort brutale. Dans ces conditions seulement, il est possible de maintenir le cœur et les autres organes en état de fonctionner durant quelques heures, en les oxygénant via des machines par respiration artificielle. Attention, la mort cérébrale ce n’est pas le coma : le cerveau n’est plus irrigué et oxygéné par le sang, il est détruit de façon irréversible, la personne est bien morte.

La réglementation impose que le constat de mort soit établi par deux médecins différents, qui vont s’appuyer sur l’examen du corps pour constater l’absence de conscience, de réflexe et de respiration spontanée. Ils vont confirmer leur examen soit par deux encéphalogrammes (mesure de l’activité cérébrale) à quatre heures d’intervalle, soit par une artériographie cérébrale.
Jeunes, vieux, malades ou en bonne santé : pas de contre-indication au don !
Il n’y a pas vraiment de limite d’âge pour donner, ce qui compte avant tout c’est l’état des organes. S’il est vrai qu’un cœur est rarement prélevé après 60 ans, les reins ou le foie peuvent l’être sur des personnes beaucoup plus âgées. 29 % des reins greffés proviennent aujourd’hui de donneurs qui ont plus de 60 ans. Inversement, quand un enfant décède, ses parents peuvent tout à fait autoriser le prélèvement de ses organes. Leur petite taille permettra vraisemblablement de greffer un autre enfant.
Il n’y a pas non plus de conditions de santé à remplir pour donner. Bien entendu, certaines maladies ou certains traitements peuvent constituer un frein. Mais deux choses vont surtout jouer dans le prélèvement : l’état de l’organe et l’existence en liste d’attente d’une personne à qui la greffe de cet organe, avec ses caractéristiques particulières, apportera plus de bénéfices que de risques. Par exemple, une organe atteint d’une hépatite B peut être greffé à un patient qui a déjà fait face à cette maladie par le passé, ou encore à un patient qu’il faut greffer en extrême urgence car sa vie en dépend ; l’hépatite est alors traitée après la greffe. Dans tous les cas, le patient est informé des enjeux et il doit donner son autorisation en toutes connaissances de cause avant d’être greffé. Ce genre de décision délicate est prise au cas par cas, avec l’intervention d’experts.
Et les organes artificiels ?
On entend parfois parler de poumon ou de foie artificiel, ou encore d’organes prélevés sur des animaux (xénogreffe). Mais il faut savoir qu’on en est encore seulement au stade des recherches. Aujourd’hui, la greffe à partir d’organes prélevé sur d’autres hommes n’a aucune autre alternative.
5 mars 2009




